Praized lance (enfin!) son application Facebook

Alexandre Simard | 1 juillet 2008

Praized Média fait partie du club restreint des startups montréalaises à l’américaine: investissements privés importants, embauches quasi continuelles, relations de presse traditionnelles et, malheureusement, souvent rien à montrer à part une démo statique. Dans le cas de Praized, les attentes sont élevées, tant à cause du profil des fondateurs, du soutien financier que de l’ambition du projet, qui veut rendre possible la découverte de nouveaux lieux et commerces grâce aux communautés Web établies et mieux articuler les conversations relatives aux marchands locaux qu’on retrouve dans les blogues et autres médias sociaux.

Sylvain Carle, VP technologie chez Praized, est un des vieux routiers du Web au Québec, respecté et apprécié de tous dans la communauté techno locale, à laquelle il se dévoue depuis plus de dix ans. Dans la dernière année, son activité sur Twitter documentait avec précision les efforts de son équipe, souvent en termes plus qu’élogieux. Rien pour aider à gérer les attentes.

La semaine dernière, en plus d’un communiqué de presse annonçant un lancement imminent, un premier produit (MISE À JOUR: la plate forme Praized était déjà utilisée par Mocolocal et Web2Places. Je ne suis pas l’actualité de si près, faut croire!) sortait enfin des laboratoires de Praized: l’application Facebook Praize’n'Raze. L’attente en valait-elle la peine?

L’application applique le modèle Digg à des lieux physiques: magasins, restaurants, bars. Les membres du service peuvent voter en faveur ou en défaveur de chaque endroit, et laisser un commentaire expliquant leur opinion. Chaque membre obtient sa page personnelle où on peut voir un résumé de son activité dans l’application. L’accueil est occupé par l’activité récente. Pour l’instant, l’application ne semble pas vouloir créer des sous-sites par aires métropolitaines, et les votes pour un commerce à San Francisco sont joyeusement mélangés avec ceux pour un bar à Montréal ou un restaurant à Québec.

L’application fonctionne remarquablement bien. À part lors de son ajout, je n’ai pas vu une seule page d’erreur ou encore une requête qui n’aboutissait pas. Pour un premier produit soft-launché, le fini est très bon. L’utilité et le fonctionnement du service sont bien expliqués, autant par les textes que par l’interaction.Le point le plus positif, c’est la quantité de lieux déjà présents dans le système, sans qu’un membre les ait préalablement entrés. Si je cherche un commerce, il est sûrement déjà là. Je n’ai donc pas à l’entrer moi-même. Je peux me contenter de donner mon opinion sur lui. C’est une importante barrière à l’entrée d’éliminée pour ce genre de service. J’ai pu être le premier à “praizer” Les Co’pains d’abord en 15 secondes, sans avoir à chercher leurs coordonnées pour remplir leur fiche. Apprécié.

Malgré cette qualité de réalisation, j’ai des réserves sur la conception, sur ce qu’on a choisi de réaliser. D’abord, l’application exige de créer un compte à part de son compte Facebook pour pouvoir contribuer du contenu. C’est un peu étrange de voir un boîte de login à l’intérieur d’un site sur lequel on est déjà identifié. Le texte d’aide sous cette boîte en dit long à ce sujet: “N’utilisez pas votre login Facebook ici.” Pourquoi m’obliger à créer un compte? Une application Facebook devrait considérer Facebook comme son fournisseur d’identité, comme un OpenID spécialisé.

Je n’aime pas trop l’utilisation abusive de jargon, qu’il soit technique ou marketing. L’action principale de Praize’n'Raze, le vote sur un lieu, n’est expliquée qu’avec de tels termes. Vous aimez un lieu? “Praize it!” Vous ne l’aimez pas? “Raze it!” Raze it? Vraiment? Quand je lis Raze j’entends “raise”, donc je pense à l’élévation et je ne vois pas pourquoi la flèche pointant vers le bas porterait ce nom.

Je trouve qu’il y a aussi un peu de confusion entre deux actions possibles sur un même lieu, soit celle de “praizer” et d’ajouter aux favoris. Ce sont deux façons différentes de donner un vote positif, non? J’imagine que l’objectif des favoris est de bâtir une liste de lieux qu’on ne connaît pas et qu’on voudrait visiter. Dans ce cas, je ne crois pas que “favori” soit le bon terme, puisqu’il comprend une notion d’appréciation qu’il est impossible de ressentir envers un lieu inconnu.

Mais ma principale réserve concerne l’utilité générale du service. Praize’n'Raze n’offre aucune fonctionnalité qui n’est pas déjà présente dans Yelp. Yelp permet depuis quatre ans à la communauté Internet de se prononcer sur les lieux qu’elle aime ou pas autour d’elle. En ce moment, le seul avantage de l’application de Praized sur Yelp, c’est que c’est un produit local, et que le Canada fait partie des étendues géographiques couvertes par le service. Rien n’empêche Yelp de pallier à cette lacune très rapidement.

J’imagine qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg que nous prépare Praized. Je l’imagine et je le souhaite, parce que pour l’instant Praize’n'Raze me laisse avec l’envie de dire “J’ai attendu un an juste pour ça?”. Je crois sincèrement que Praized saura m’épater en bonne et due forme très bientôt.

Super Mario en 14ko de JavaScript

Alexandre Simard | 9 avril 2008

Super Mario JS, capture d’écranJe ne voudrais pas voler la vedette à Issam et sa passion des jeux, mais je me dois de signaler que Jacob Seidelin vient de publier une version de Super Mario codée uniquement en JavaScript, qui pèse seulement 14ko en version compressée. Aucune image ou fichier son, tout est encodé dans le fichier JS. Impressionnant. Vous pouvez jouer ici.

Seidelin expérimente autour du nouvel élément <canvas> de la future norme HTML 5. En plus de Super Mario, qui est plus une curiosité, il a créé un moteur de rendu 3D en JavaScript, aussi pas mal impressionnant.

Tout ça pour dire qu’il n’y a pas juste Flash dans la vie, et que le bon vieux fureteur “vanille”, sans plugin, en a encore dans le ventre.

Bogué: Getty Images + Yahoo!

Alexandre Simard | 20 mars 2008

Caption Clarification

J’aime quand je tombe sur un bogue. J’aime encore plus quand le bogue implique des gros joueurs, qu’on aime imaginer infaillible. Je viens de tomber sur cette page en m’informant sur les statistiques de Thomas Vanek, un de mes joueurs de hockey favoris.

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YouTube partout, n’importe comment

Alexandre Simard | 12 mars 2008

YouTube a annoncé aujourd’hui des ajouts importants à son API:

Ce que ça veut dire en clair, c’est qu’il est maintenant possible de bâtir un site de partage de vidéos par dessus YouTube, dont l’expérience utilisateur est complètement sous votre contrôle. Vos utilisateurs, votre interface d’un bout à l’autre (incluant le lecteur vidéo), votre processus de téléchargement. YouTube fournit le service de transcodage, de stockage et de transfert, sans aucun frais.

C’est une très mauvaise nouvelle pour les fournisseurs de ce genre de service, comme nos amis de Stream The World. Deux différences principales entre un service comme celui de Stream The World et ce que le nouvel API de YouTube permet: le logo cliquable de YouTube en bas à droite, dont vous ne pouvez vous débarrasser, et le prix. “Free beats paid.” Je souffre avec vous, les gars…

Comme dans tous les cas où un service utile ouvre ses données et ses méthodes à d’autres, cette annonce ouvre un éventail de possibilités quasi infini. Un exemple qui me vient en tête rapidement: un plugin WordPress qui permettrait d’uploader des vidéos dans l’interface d’édition d’un article. Ce vidéo serait publié directement chez YouTube, puis inséré dans l’article. Plus besoin de faire l’aller-retour entre deux sites pour publier un film sur son blog.

Et la cerise sur le sundae: YouTube offre maintenant l’encodage H.264 (merci, Apple). Cliquez le lien “Watch this video in higher quality” pour voir la différence. Et quelle différence!