Radio Radio

Alexandre Simard | 2 mai 2008

Après le succès de notre événement Hockey, tapas et vin?, succès uniquement terni par le brio de Martin Biron, je me suis dirigé au pédalier de course vers le Café Campus, pour le spectacle-lancement du groupe de rap acadien Radio Radio.

Personnellement, je suis vendu d’avance à l’idée. J’aime les langues, toutes les langues, encore plus quand elles sont menacées d’extinction depuis des siècles et qu’elles survivent encore. Ici, la langue acadienne et son évolution moderne, le chiac, fait bien plus que survivre, elle est mise au goût du jour sur une musique électro/crunk et un phrasé qui n’a rien à envier aux rappeurs internationaux. L’idée, c’est bien, mais qu’en est-il de l’exécution?

Radio Radio au Café Campus

C’est tout aussi convaincant. Le hip hop étant une musique de l’oppression, la “street credibility” compte pour beaucoup. Et franchement, faire partie d’un peuple victime d’une déportation, ça confère une crédibilité instantanée. Les gars ne beurrent pas trop épais avec leur identité (seulement un petit drapeau dans le milieu du show), mais chaque mot de franglais tordu qu’ils nous lancent nous rappelle qu’on est devant un exemple frappant de l’instinct de survie d’une collectivité. C’est très puissant.

Et même sans le facteur acadien, les gars maitrisent leur art: le flot est bon, les transitions entre les rappeurs coulent bien, les beats rentrent dedans, et ils vont chercher la foule facilement, aux moments opportuns, sans constamment recourir à des techniques faciles (“When I say ‘Hey’, thou shalt not say ‘Ho’”). En somme, une soirée bien agréable, où j’ai levé les mains et sauté dans les airs plus d’une fois.

Pour vous mettre l’eau à l’oreille, voici le vidéoclip du premier single éponyme de l’album Cliché Hot:

[youtube]http://www.youtube.com/watch?v=tFSkCxNw_ew[/youtube]