Huis Clos sur le Net ou sans le Net ?

Issam Heddad | 1 février 2010

Dans l’article de Cyberpresse intitulée une “Maudite belle machine”, le chroniqueur Marc Cassivi fait référence à une expérience bien particulière menée sur le net par les Radios Francophones Publiques :

[Ce] Lundi, cinq journalistes vont s’enfermer pendant cinq jours dans un gîte rural du Périgord, coupés de toute source d’information traditionnelle: pas de journaux, pas de radio, pas de télévision, pas de magazines. Leur seul lien avec le monde extérieur: les plateformes de réseautage social Facebook et Twitter.

L’initiative est intéressante mais reste imcomplète. Notre ami Alexandre l’a même qualifiée de “grosse bouette” et c’est le sentiment qu’on partageait. On s’était dit que les journalistes devraient utiliser un client Twitter/Facebook qui montre l’url dans sa version longue. Si la source provient d’un site d’informations généralement reconnu (Cyberpresse, Le Monde…), ce tweet/status update ne devra pas être affiché. De même pour les liens dans des billets de blogues.

Or, les événements ont pris une autre tournure. Jugez-en par vous-mêmes en suivant le hashtag #HuisClosNet. On remarque deux choses : Les internautes plaisantins essaient d’envoyer de fausses informations. (Une tempête de neige à Paris ? Vraiment ?) Et surtout, on a appris que les 5 journalistes auront un accès de plus en plus limité à Internet. Cela devient beaucoup plus intéressant maintenant.

On peut alors se questionner sur l’objectif réél de cette initiative ? Initialement, on voulait mesurer l’impact et la pertinence de l’information via les réseaux sociaux en comparaison avec les médias traditionnels. Finalement, c’est bien plus que ça comme le soulève le magazine en ligne français Fluctuat :

Car l’objectif de cette expérience limite est de voir s’il est possible de réinventer ce journalisme auquel on promet une fin atroce.

Et quoi de mieux que l’isolement d”un groupe de spécialistes de l’info pour mener à bien cette périlleuse mission ?

Bien sur, ils commenceront sans doute par singer des journaux télévisés, imaginer de fausses infos, créer de faux débats de société.
Bref, tels les habitants de la Caverne ils n’auront au départ que d’appétit pour le simulacre.

Mais viendra ensuite, on l’espère, le temps du renouveau.
Débarassés des oeillères de l’égo, purifiés de la vacuité du tout info permanent et des débats de faux experts interchangeables, ils sauront alors trouver pour nous la voie de la résurrection.

Que va-t-il surgir de ce nouveau phalanstère vierge de tout buzz et polémique ?
La jeune journaliste donnera-t-elle naissance au premier enfant de la nouvelle ère, dont le premier gazouillis ne sera pas What’s happening ?

C’est en tout cas un immense espoir.

Comme on dit souvent, affaire à suivre…