Blogueurs mal blogués

Guillaume Joly | 15 mai 2008

J’ai récemment fait une légère montée de lait sur le blogue de l’association marketing de Montréal en rapport au fait que des cinq billets publiés au début de mai, quatre étaient des copies conformes de billets déjà présents sur les blogues personnels des collaborateurs.

Muriel Ide est venue appuyer mon point. Elle touche plusieurs points sensibles, notamment celui du respect des lecteurs. C’est bien beau le SEO et les moteurs de recherche, mais le lecteur est quand même celui qui se forge une véritable opinion. En passant, je ne trouve pas ça très délicat de la part de Julie Lemonde d’avoir fait du billet qui suit celui de Muriel, une duplication en bonne et due forme du billet de son blog. Mais bon, elle semble en être qu’à ses débuts dans la blogosphère, contrairement aux grosses pointures du blogue de l’association marketing interactif, je pense entre autre à Michelle Blanc, Guillaume Brunet ou encore Isabelle Lopez.

François La Roche essaie de justifier cette pratique en faisant le parallèle avec un texte qui serait publié à la fois dans un magazine et dans un journal prétextant qu’ils s’adressent à des groupes différents.

Cet argument se défend, seulement s’ils s’adressent à des groupes différents et bien alors il faudrait « passer le message » différemment également! Il y a quelques semaines, j’ai publié ici un billet sur Muxtape, j’ai également profité de mon engouement sur le sujet pour en écrire un autre sur mon blogue personnel. Mais comme il ne s’agit pas du tout du même auditoire, une nouvelle tangente s’imposait.

Personnellement, j’apprécie la créativité, j’apprécie l’originalité. Ce n’est pas toujours facile, j’en conviens. J’ai moi-même eu un moment de faiblesse. Pour ma part, je lis certains blogues pour mon travail, mais ceux que je lis pour mon plaisir personnel ont toujours quelque chose d’unique, ils ont une personnalité!

À mon humble avis, un blogue… c’est une personnalité.

Revolver 3 fait tout un dérapage

Patrick Williams | 20 mars 2008

Et oui cher amis ici on dérape. On dérape parce qu’ici on aime mettre de l’avant la création. Dérapage est en fait un événement audiovisuel se déroulant au Centre de Design de l’UQÀM. Il invite les personnes de toutes disciplines à se regrouper pour créer des courts métrages non-narratifs d’une durée allant de 30 secondes à 3 minutes. Cet événement va bon train déjà car il s’agit de la huitième édition et il est de plus en plus populaire dans le domaine du design et des arts visuels à Montréal. Voici donc pour la mise en contexte.

J’ai fait appel à ma collègue Nadine Brunet pour participer et soumettre un court-métrage. Notre idée première était de faire un film lent. C’est-à-dire un film où les images défilent avec une certaine lenteur et ainsi prennent le temps de s’installer dans l’espace. On voulait créer ainsi une émotion intense de transcendance et de lourdeur. Son titre : trois minutes de sombre, pour Alexandre. Le voici:

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Le web mobile : faut-il repenser la création?

Domenico Micheletti | 5 décembre 2007

La promesse de l’Internet mobile, l’Internet sur cellulaire, ne date pas d’hier. Depuis 1998, on promet que l’Internet sera disponible de partout, sur nos cellulaires. Le passage des téléphones aux signaux numériques (le 2g) était la première étape pour la transmission de données et la connexion au réseau Internet. La création d’écran plus complexe, plus riche et plus grand sur les cellulaires étaient également nécessaire pour le web mobile (rappelons-nous les StarTac qui avait une seule ligne de texte comme écran).

Mais admettons-le, le WAP, standard de l’Internet mobile, a toujours été décevant au niveau visuel et peu permissif en terme de direction artistique. Les fournisseurs de services cellulaires et les fabricants n’avaient pas le choix : il était impossible de transmettre toute l’information disponible dans une page Internet dans un délai satisfaisant (et on ne parle pas des coûts mirobolants pour la transmission de données). Le WAP, c’est du web edulcoré, sans support visuel. Le contenu textuel du web était disponible partout mais était-ce vraiment le web?

Peu importe ce que disait les fournisseurs et les publicitaires, pour avoir un accès à tous les sites Internet, il fallait trimbaler un ordinateur portable et se connecter à une borne wi-fi.

Mais voilà, en 2006, Nokia lançait une série de téléphones avec un “full-blown browser”. des téléphones qui combinent la transmission et la réception de données à haute vitesse (le 3g), l’utilisation du wifi et une navigation sur des pages html. En 2007, Apple lance le iPhone qui offre “pas juste une pâle imitation d’Internet”. Et ce n’est qu’un début. De la même façon que les téléphones sont maintenant tous équipés de caméra, la navigation web deviendra un standard sous peu pour l’industrie du cellulaire. Toutefois, le iPod et le iPhone, de par leur popularité, leur ingéniosité et leur forte valeur symbolique, risquent de devenir le standard en terme de web mobile. D’une manière ou d’une autre, ces appareils risquent de devenir un moyen de consultation d’Internet important dans un proche avenir. Les usagers visualiseront de plus en plus les différents sites Internet au travers leurs téléphones (et leurs lecteurs mp3), une réalité que nous devrons intégrer dans la réalisation de nos projets.

«Mais pourquoi, me demanderez-vous, faut-il faire une page spéciale pour les cellulaires si ceux-ci peuvent déjà lire les pages qu’on fait pour les ordinateurs?» C’est très ironique, je l’avoue, mais de plus en plus de sites font une version spécifique pour le iPhone et le iPod touch. Ils prennent en compte le format particulier de l’écran, la résolution à prédominance verticale, l’absence de Flash et vont même jusqu’à reprendre l’interface du menu de ces appareils pour faciliter la navigation. Les appareils sont vendus en disant qu’ils peuvent consulter tous les sites (ou presque) mais pour une navigation optimale, les créateurs de sites internet doivent adapter le contenu (et la programmation). Vous pouvez d’ailleurs trouver plusieurs exemples ici, dont Facebook.

Entre vous et moi, Apple nous a tendu un lapin à nous, créateurs de site, avec son iPhone et son iPod touch. Oui, on peut continuer à créer des pages Internet comme d’habitude qui pourront être lus par leurs appareils MAIS :
- il ne faut pas de Flash;
- il ne faut pas utiliser Real Player, Windows Media Player ou DIVX;
- il faut programmer en priorisant Safari;
- il faut utiliser Quicktime ou H.264 si on veut mettre du vidéo;
- il faut éviter les liens vers les PDF.

On peut ne pas se préoccuper de ses règles mais l’utilisateur du iPhone ne pourra pas voir notre contenu. Et s’il ne voit pas notre contenu mais qu’il peut voir le contenu du concurrent, on se retrouvera en situation désavantageuse. Si, en plus, le concurrent a créé du contenu spécifiquement pour le iPod (tout en n’oubliant pas ses usagers ordinaires qui utilisent encore des ordinateurs), il risque de toucher le jackpot en termes de visites parce qu’il s’est adapté à sa nouvelle clientèle, à sa nouvelle réalité.

Est-ce que ça veut dire qu’il faut mettre de côté Flash? Bien sûr que non! Il faut continuer à offrir du contenu riche à nos visiteurs. De plus, la pression populaire va forcer un jour ou l’autre Apple et Adobe a créé un lecteur Flash pour les iPod et iPhone. Mais en attendant, il faudra de plus en plus réfléchir à une façon d’offrir du contenu adapté pour ce nouveau média qui risque d’être de plus en plus présent dans notre réalité de créatif.