La viralité à l’état “Brute”

Issam Heddad | 26 août 2008

Depuis la découverte récente de LA BRUTE sur jeuxvideo.com, je ne me lasse pas de ma petite dose de brutalité quotidienne.

La Brute est un jeu développé par une boîte française, Motion Twin, les mêmes gars derrière le gros buzz Miniville. Le concept de La Brute est très simple. On s’inscrit (par une simple entrée de nom) en définissant le look de son personnage et on rentre dans l’arène pour distribuer allègrement des coups à nos adversaires.

J’entends des Meh des habitués des Beat them’all (les jeux de bourrins où on déglingue tout ce qui bouge) mais La Brute est différent car il n’a y a pas de gameplay à proprement parler. Tous les combats sont automatiques avec des paramètres de Force, Rapidité et Agilité qu’on accumule au fil des combats.

Ce qui est intéressant est le mécanisme viral du jeu. Il s’agit d’un parrainage mais caché sous l’analogie du Maître et l’Élève. En envoyant votre lien spécifique aux gens si ceux-ci s’enregistrent de cette page ils deviennent vos élèves.  Par exemple, si vous cliquez sur mon lien personnel, on vous donne la possibilité de me challenger directement en créant votre personnage. De mon côté, j’y gagne en échange un élève et surtout de précieux points d’expérience qui me permettront de progresser plus rapidement. Le site est très rapidement devenu un phénomène du web à juger par le détail sur le traffic.

Le jeu permet aussi des délires sympathiques comme en témoigne ce match opposant Firefox à Internet Explorer. Vous devinez bien sûr le gagnant.

Plus d’informations sur le blogue officiel du jeu et  je vous invite tous à venir me défier dans l’arène !

Praized lance (enfin!) son application Facebook

Alexandre Simard | 1 juillet 2008

Praized Média fait partie du club restreint des startups montréalaises à l’américaine: investissements privés importants, embauches quasi continuelles, relations de presse traditionnelles et, malheureusement, souvent rien à montrer à part une démo statique. Dans le cas de Praized, les attentes sont élevées, tant à cause du profil des fondateurs, du soutien financier que de l’ambition du projet, qui veut rendre possible la découverte de nouveaux lieux et commerces grâce aux communautés Web établies et mieux articuler les conversations relatives aux marchands locaux qu’on retrouve dans les blogues et autres médias sociaux.

Sylvain Carle, VP technologie chez Praized, est un des vieux routiers du Web au Québec, respecté et apprécié de tous dans la communauté techno locale, à laquelle il se dévoue depuis plus de dix ans. Dans la dernière année, son activité sur Twitter documentait avec précision les efforts de son équipe, souvent en termes plus qu’élogieux. Rien pour aider à gérer les attentes.

La semaine dernière, en plus d’un communiqué de presse annonçant un lancement imminent, un premier produit (MISE À JOUR: la plate forme Praized était déjà utilisée par Mocolocal et Web2Places. Je ne suis pas l’actualité de si près, faut croire!) sortait enfin des laboratoires de Praized: l’application Facebook Praize’n'Raze. L’attente en valait-elle la peine?

L’application applique le modèle Digg à des lieux physiques: magasins, restaurants, bars. Les membres du service peuvent voter en faveur ou en défaveur de chaque endroit, et laisser un commentaire expliquant leur opinion. Chaque membre obtient sa page personnelle où on peut voir un résumé de son activité dans l’application. L’accueil est occupé par l’activité récente. Pour l’instant, l’application ne semble pas vouloir créer des sous-sites par aires métropolitaines, et les votes pour un commerce à San Francisco sont joyeusement mélangés avec ceux pour un bar à Montréal ou un restaurant à Québec.

L’application fonctionne remarquablement bien. À part lors de son ajout, je n’ai pas vu une seule page d’erreur ou encore une requête qui n’aboutissait pas. Pour un premier produit soft-launché, le fini est très bon. L’utilité et le fonctionnement du service sont bien expliqués, autant par les textes que par l’interaction.Le point le plus positif, c’est la quantité de lieux déjà présents dans le système, sans qu’un membre les ait préalablement entrés. Si je cherche un commerce, il est sûrement déjà là. Je n’ai donc pas à l’entrer moi-même. Je peux me contenter de donner mon opinion sur lui. C’est une importante barrière à l’entrée d’éliminée pour ce genre de service. J’ai pu être le premier à “praizer” Les Co’pains d’abord en 15 secondes, sans avoir à chercher leurs coordonnées pour remplir leur fiche. Apprécié.

Malgré cette qualité de réalisation, j’ai des réserves sur la conception, sur ce qu’on a choisi de réaliser. D’abord, l’application exige de créer un compte à part de son compte Facebook pour pouvoir contribuer du contenu. C’est un peu étrange de voir un boîte de login à l’intérieur d’un site sur lequel on est déjà identifié. Le texte d’aide sous cette boîte en dit long à ce sujet: “N’utilisez pas votre login Facebook ici.” Pourquoi m’obliger à créer un compte? Une application Facebook devrait considérer Facebook comme son fournisseur d’identité, comme un OpenID spécialisé.

Je n’aime pas trop l’utilisation abusive de jargon, qu’il soit technique ou marketing. L’action principale de Praize’n'Raze, le vote sur un lieu, n’est expliquée qu’avec de tels termes. Vous aimez un lieu? “Praize it!” Vous ne l’aimez pas? “Raze it!” Raze it? Vraiment? Quand je lis Raze j’entends “raise”, donc je pense à l’élévation et je ne vois pas pourquoi la flèche pointant vers le bas porterait ce nom.

Je trouve qu’il y a aussi un peu de confusion entre deux actions possibles sur un même lieu, soit celle de “praizer” et d’ajouter aux favoris. Ce sont deux façons différentes de donner un vote positif, non? J’imagine que l’objectif des favoris est de bâtir une liste de lieux qu’on ne connaît pas et qu’on voudrait visiter. Dans ce cas, je ne crois pas que “favori” soit le bon terme, puisqu’il comprend une notion d’appréciation qu’il est impossible de ressentir envers un lieu inconnu.

Mais ma principale réserve concerne l’utilité générale du service. Praize’n'Raze n’offre aucune fonctionnalité qui n’est pas déjà présente dans Yelp. Yelp permet depuis quatre ans à la communauté Internet de se prononcer sur les lieux qu’elle aime ou pas autour d’elle. En ce moment, le seul avantage de l’application de Praized sur Yelp, c’est que c’est un produit local, et que le Canada fait partie des étendues géographiques couvertes par le service. Rien n’empêche Yelp de pallier à cette lacune très rapidement.

J’imagine qu’il ne s’agit que de la pointe de l’iceberg que nous prépare Praized. Je l’imagine et je le souhaite, parce que pour l’instant Praize’n'Raze me laisse avec l’envie de dire “J’ai attendu un an juste pour ça?”. Je crois sincèrement que Praized saura m’épater en bonne et due forme très bientôt.

La course de ballons selon Orange

Issam Heddad | 23 juin 2008

Orange UK et leur agence interactive Poke ont lancé début juin leur campagne marketing pour leur plan Pay As You Go. L’agence a développé un site assez particulier intitulé le World’s First Internet Ballon Race. Il s’agit d’une course de ballons sur Internet où les visiteurs doivent parcourir le plus de pages possible sur des sites partenaires. Pour cela, chaque éditeur rajoute (de son plein gré et gratuitement) un petite animation flash sur sa page représentée par un raton laveur orange en forme de ballon. Vous avez pu en apercevoir sur des sites comme Bannerblog.

Comment ça marche ? Très simple, chaque éditeur choisit un ballon et fait sa promotion à travers son site. Les internautes décideront de donner des coups de boost ou pas aux sites participants à la course. En invitant par exemple 5 amis à découvrir un site, le ballon obtient un boost supplémentaire qui lui permet d’avancer encore plus loin. Les participants peuvent suivre leur progression sur la page de la campagne et le gagnant, le site le plus qui aura parcouru la plus grande distance, gagnera un voyage VIP à Ibiza d’une valeur de £20,000.

Un idée géniale pour faire du placement média gratuit (1500 sites participants sur un mois) et donner aux internautes une façon ludique pour naviguer sur Internet, découvrir de nouveaux environnements et partager ses découvertes avec ses amis. Le tout, une gracieuseté d’Orange.

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Spencer McHugh, chef du marketing interactif et direct chez Orange UK, a dit dans une entrevue pour Brand Republic : “The digital space is becoming an important way for us to engage with our target audiences. The Orange Balloon Race is an exciting and innovative way to raise awareness of our new Pay As You Go Animal packages, while giving our customers a fun and interactive experience with the Orange brand.

Que penser de cela ? Le site NOTCOT en profite pour exprimer un coup de gueule ô combien nécessaire pour notre industrie. Il faut contourner le carcan hermétique pour ne pas dire chiant de l’IAB pour innover, surprendre et trouver des moyens amusants et non intrusifs pour véhiculer de l’information sur le web. Pourquoi faire de la bannière alors qu’on peut faire beaucoup plus ?

La course commence officiellement demain 24 juin à midi (heure UK) et durera une semaine. À vos ballons !

Lonely Planet… ou Mobile Planet ?

Guillaume Joly | 11 juin 2008

Voici mon deuxième compte rendu de la journée Infopresse à laquelle j’ai assisté hier. Pour ce deuxième billet, j’ai choisi de vous parler du dernier conférencier de la journée, M. Sotkiewicz. Le nom de l’entreprise pour laquelle il travaille est beaucoup moins difficile à prononcer que son nom de famille à lui, il s’agit de Lonely Planet.Lonely Planet

En 2007, la BBC est devenu actionnaire majoritaire (75%) de Lonely Planet qui était au départ une entreprise familiale. Cet investissement a permis à l’entreprise d’explorer et de planifier plus en profondeur les actions les plus en lien avec le touriste d’aujourd’hui.

Ce monsieur, très charismatique, nous a fait part d’un tas d’anecdotes et de faits très intéressants. J’ai cependant envie de vous parler des trois éléments qui, selon moi, étaient les plus intéressants.

Les voyages en tant que connecteurs sociaux

Pour M. Sotkiewicz, les voyages sont un moyen pour rassembler les générations. Souvent, les récits de voyage constituent aussi des « ice breakers » menant à des conversations souvent intéressantes avec nos collègues ou avec des connaissances.

Replongez-vous dans vos souvenirs de voyage. Vous avez sûrement rencontré des gens géniaux, des gens très différents de vous, qui ont une histoire abracadabrante, qui parlent une autre langue et pour qui vous êtes tout autant exotique qu’eux le sont pour vous. Pourtant, vous les avez rencontrés, vous leur avez parlé, vous avez peut-être même décidé de faire un petit bout de chemin avec eux, de partager un repas, une chambre dans une auberge quelque part à Pamplona en Espagne ou à Cusco au Pérou.

C’est cette fibre que Lonely Planet exploite. C’est cette fibre qui est à l’origine des 8 millions de guides vendus chaque année. C’est cette fibre qui fait en sorte que les noms de tous ceux qui ont envoyé un commentaire suite à une visite dans un hôtel ou un repas dans un restaurant se retrouvent à la fin des guides touristiques concernés.

Du Web 2.0 – comme les gens dans l’industrie aiment bien dire – en imprimé! Wow! Peut-être que vous le saviez, moi pas.

Le Web 2.0, haha, ça me fait bien rire quand les conférenciers et les blogueurs parlent de ça. Une chance, M. Sotkiewicz s’est bien gardé de prononcer ce « buzz word » insignifiant. Il a plutôt choisi de parler de contenu généré par les utilisateurs, d’authenticité et de partenariat gagnants-gagnants avec des plateformes de diffusion d’information : des concepts beaucoup plus évocateurs, beaucoup plus concrets.

Médias sociaux et tourisme

Lonely Planet utilise différents médias sociaux. Facebook, bien sûr, mais surtout Youtube, Flickr et MySpace. Personnellement, je trouve le contenu de leur site sur Youtube plutôt impressionnant. La négociation pour les droits et les redevances a dû l’être également! Mais bon, c’est une autre histoire.

Ce que je trouve génial dans cette idée est que Lonely Planet se sert de ces médias pour augmenter sa notoriété, pour engager émotionnellement ses clients. Pour ce faire, cela demande une présence accrue de leur personnel sur ces différentes plateformes afin de faire vivre une expérience en ligne intéressante et vivante aux acteurs de ces communautés virtuelles. En dégageant des ressources financières et humaines, Lonely Planet est capable d’agir et de faire réagir les créateurs de contenu, les critiques de contenu les collectionneurs de contenu et les amateurs de contenu. En somme, ils sont capables d’agir aux différents échelons de participation dans ces milieux virtuels.

Mobile et tourisme, ça rime ?

La partie la plus intéressante est probablement le petit vidéo que M. Sotkiewicz nous a présenté concernant la vision de Lonely Planet en rapport au futur du tourisme. Malheureusement, il s’agit d’un vidéo que je n’ai pas réussi à trouver sur le Web. Selon lui, c’est à travers les appareils mobiles. Le « match » est absolument parfait! Sébastien, un collègue (mon boss) avec qui j’étais à la conférence, confirmait ce fait lorsqu’il m’avouait ne jamais avoir utilisé autant son iPhone que lorsqu’il est allé en Thaïlande.

Avec les systèmes GPS intégrés dans ce genre d’appareil, on peut savoir avec exactitude où on se trouve… ce qui est très pratique si on est perdu dans un de ces villages fortifiés au Maroc et qu’on ne trouve plus son chemin. À l’aide d’une application mobile, Lonely Planet permet aux voyageurs de consulter les répertoires de restaurants et des hôtels recommandés par d’autres utilisateurs de Lonely Planet et bien sûr, d’afficher sur leur écran ceux qui sont à proximité.

Vous pouvez également mettre à jours votre profil Facebook en temps réel ou encore mettre vos photos sur votre compte Flickr à mesure que vous les prenez avec votre appareil mobile.

Si vous n’avez pas accès à un réseau sans fil, pas de problème, envoyé un SMS à Lonely Planet avec des mots-clés pertinents et ils vous retourneront les résultats des meilleurs restaurant dans le quartier où vous êtes.

Bref, si vous vous demandiez ce que nous réserve l’avenir en tourisme… et bien vous avez votre réponse maintenant!

Tourisme au Québec

Guillaume Joly | 11 juin 2008

Comme je l’ai écrit dans mon dernier billet, j’ai eu la chance d’assister à la journée Infopresse sur le e-Tourisme. La première des deux conférences que je vais commenter est celle de François-G Chevrier du Réseau de veille en tourisme.

M. Chevier était le premier conférencier de la journée. Sa conférence s’intitulait “Qui sont les touristes d’aujourd’hui?” Il est entre autre venu nous présenter des chiffres récents de l’industrie touristique québécoise. Bon, comme je n’ai pas de iPhone - comme Sébastien assis à côté de moi - ou de téléphone portable capable de prendre des photos décentes, je n’ai pas pu analyser conserver et analyser les chiffres qu’il nous présentait sur ses graphiques. Cependant, j’ai retenu quelques éléments clés.

Segmentation par intérêt

Dans un billet de la semaine dernière sur les advergames, je parlais de segmenter de manière pertinente notre cible. Dans le tourisme, plusieurs entreprises l’ont très bien compris. M. Chevrier donnait en exemple des entreprises telles que Gap Adventures (spécialisé en voyages d’aventure) et Sportvac Tours (spécialisée pour les voyages vers des événements sportifs) qui ont spécialisé leurs offres de manière à pouvoir offrir une expérience unique à une clientèle, en compagnie de gens ayant le même genre d’intérêts. On peut ainsi vendre les mêmes produits (hébergement, activités, restauration, etc.) un peu plus cher puisqu’on les vend différemment. On les vend sous la couverture d’une expérience, d’un « thrill », d’une rencontre. On vend des émotions et non la destination. Le nouveau “tag-line” de Bonjour Québec en fait foi : “Québec, fournisseur d’émotion depuis 1534″

M. Chevier a également voulu nous ouvrir les yeux sur la présence des immigrants au Québec. « Vous rendez-vous compte qu’il y a plus d’immigrants chinois que toute la population du Nouveau-Brunswick !? » « Vous rendez-vous compte qu’il y a plus d’immigrants à Montréal que toute la population de la ville de Québec !? » Pas étonnant alors qu’il y a 2 semaines, alors que je me promenais pénard avec ma copine et ma petite fille sur le bord du bassin de Chambly, un groupe de Chinois est débarqué avec leur célèbre casquette à palette transparente rose et verte et leur caméra pour venir visiter le Fort Chambly (situé à quelques minutes du centre-ville de Montréal).

Incohérence des investissements en marketing sur le Web

M. Chevier a également donné quelques chiffres concernant l’utilisation du Web pour planifier ses vacances. Environ 80% des gens préparent leurs vacances en ligne. De ce 80%, 30% de ces internautes achètent en ligne. 30% de 80%, ça fait quand même presque une personne sur quatre!

Une autre statistique intéressante qu’il a évoquée est celle du temps d’attention qui bascule tranquillement de la télévision vers le Web. Selon les chiffres qu’il a présentés, les gens passeraient désormais 20% de leur temps d’attention sur le Web… et la moyenne des investissements Web (dans l’industrie du tourisme québécois) par rapport aux autres médias n’est que de 4%. Trouvez l’erreur!

Comment perdre des ventes en ligne

Un point effleuré au cours de sa conférence concernait aussi la conversion, ou plutôt la vente en ligne. Pour faire une vente en ligne, ça prend beaucoup de coordination. Mais surtout, ça prend un site Web qui livre la marchandise. Pourquoi? Parce que sinon, les visiteurs iront en quelques clics chez Travelocity ou Expedia et vous perdrez votre vente!

Je lis régulièrement ce qu’écrivent les frères Eisenberg de Future Now Inc. et je me rappelle d’une image qu’ils utilisaient pour faire comprendre la différence en l’attraction et la conversion à leurs lecteurs : le seau plein de trous. Mais bon, comme ce billet s’allonge considérablement, je garde ça pour une autre fois ;O)

Journée Infopresse sur le e-tourisme

Guillaume Joly | 11 juin 2008

J’ai eu la chance hier, d’assister à 4 conférences portant sur le tourisme. Ce secteur d’activité est en plein bouleversement étant donnée la démocratisation de l’accès à l’information à travers des guides touristiques, des magazines spécialisés, des agents de voyage et bien entendu à travers Internet.

Quatre conférenciers venaient donc présenter leur vision et leur interprétation du tourisme en 2008. Les quatre conférences n’étaient pas du même calibre… et c’est tout à fait correct comme ça puisque les gens dans la salle ne l’étaient pas non plus. J’ai appris ou découvert des choses intéressantes dans chacune d’elles. Deux conférenciers ont toutefois retenu davantage mon attention. C’est donc de ces deux conférences dont je vais vous parler dans mes prochains billets

Mais pour l’instant, j’ai envie de vous faire part d’un excellent vidéo qui nous a été présenté par Éric Trudel de Mont-Tremblant qui explique un peu le « clash » entre les consommateurs et les publicitaires en tourisme.

Le sophisme des bannières web

Issam Heddad | 12 mai 2008

La lecture de l’article (dans le plus pur style éditorialiste voire même pamphlétaire) “The risky business of ad banners” de Sean X Cummings (directeur marketing de Ask.com) sur iMedia Connexion m’a fait beaucoup réfléchir. En voici un résumé ainsi que quelques pistes de réflexion.

Les bannières sont devenues en l’espace de quelques années un élément incontournable du web, tellement que la majorité des gens ne les remarquent même plus. Certains prédisent que le modèle de bannières est voué à l’échec et que c’est de l’argent jeté par les fenêtres…des navigateurs web. Le problème finalement ne viendrait pas de la forme de cet outil publicitaire mais de tout le processus de Brief-Idéation-Création-Validation(s)-Misenligne. Un processus qui ne répond pas à l’objectif principal d’une bannière : l’interaction.

De par leur nature intrusive mais non interruptive (par rapport à un média offline comme la télé ou la radio) vendre une bannière relève parfois du sophisme. Un raisonnement faux aux allures de vrai, en voici les prémisses :

  1. Un internaute qui interagit avec une bannière en vaut plus que celui qui en est juste impressionné.
  2. Un internaute ne regarde pas une page web, il la lit. Ce qui n’est pas la même chose.
  3. Une bannière standard ne devrait pas toujours être une conceptualisation d’une offensive publicitaire traditionnelle ou une déclinaison d’une campagne (le pire bien entendu étant une déclinaison d’une campagne télé). Les 15 secondes pour une bannière standard sont souvent un mirage. Vous croyez vraiment que l’internaute va suivre le message du début jusqu’à la fin ? Conceptualiser une campagne dans une bannière de 15s représente le pilier central du sophisme.
  4. La bannière standard représente moins votre message qu’une simple présence interactive de la marque. Le logo ou l’identité visuelle de la marque doit être (de préférence) visible tout au long.
  5. Une bannière classique ne changera pas la perception d’un internaute de votre marque et créera difficilement un stimulus émotionnel (vs une pub télé avec ce génial humoriste, ou ce talentueux réalisateur), par contre des bannières simples, hebdomadaires, testées dans des environnements dynamiques, permettront au client de savoir quel concept marche le mieux. Cela me rappelle la technique du spaghetti (résumée rapidement : lancez tous vos spaghettis sur un mur, les meilleurs colleront et resteront).

Par rapport à ce dernier point, l’auteur suggère de créer des modèles de vrais-faux sites (avec peut-être même des vraies-fausses bannières) qui serviront de canevas pour présenter les bannières. On pourrait par exemple avoir trois sites à l’allure différente, un site d’information générale, un site d’information spécialisée ou encore un service de courrier électronique (dépendemment du plan média). Le but étant de mieux juger l’aspect interactif de la création.

J’entends déjà les clients crier à l’arnaque budgétaire et les directeurs de création au meurtre créatif. C’est faux, je m’explique :

  • Pour vous directeurs marketing : des concepts simples, récurrents avec un processus de validation allégé n’augmenteront pas les coûts. Au contraire, cela permettra d’être très réactif face au marché, de tester différentes approches et enfin savoir celles qui vont réellement inciter les clics.
  • Pour vous créatifs : on parle ici de bannières standards. Et c’est tout un exercice de trouver le bon équilibre entre le contexte du message et le call to action proposé. Sinon, il y a toujours les campagnes Rich Media qui seront votre exutoire même si on ne parle pas ni du même budget, ni des mêmes objectifs, ni de la même envergure.

Je comprends un peu la frustration de Mr Cummings, après plus de 10 ans d’expérience en web, des bannières, il en a vu des vertes et des pas mûres. Son article veut d’abord faire réagir toute l’industrie, essayer de revoir le modèle d’affaires en entier. En d’autres termes, il ne faut pas faire de la bannière juste pour en faire. Pensez-y.

Branding et mesures Web, la différence entre les médias et les marques.

Guillaume Joly | 17 avril 2008

Le sujet du jour, à part bonjourquébec.com avec un accent, semble tourner autour de l’importance des mesures Web. Les entreprises vivant des métriques Web prônent vigoureusement l’importance de mesurer les performances sur le Web. Mais faut-il toujours mesurer nos actions sur le Web? Par exemple, lorsqu’il est question de branding et que la conversion ne se calcule pas en ligne (la conversion en branding - et je ne vous apprends sûrement pas grand-chose - est d’augmenter la notoriété de la marque dans l’esprit des consommateurs) est-ce que les indicateurs de performance (ex. nombre de visites, nombre de pages vues, etc.) offrent un réel portrait de la notoriété d’une marque ou sont-ils davantage une interprétation/application de cette notoriété?

Pour un média, par exemple pour Canoë ou encore Digg, les statistiques importantes sont le nombre d’impressions (c.-à-d. le nombre de pages vues) et probablement le nombre de backlinks car c’est comme ça qu’ils se comparent à leurs compétiteurs et surtout, c’est comme ça qu’ils peuvent justifier à des publicitaires les coûts d’une présence en ligne (bannière publicitaire, habillage, commandites de section, etc.) sur leur site Web. Ces médias créent de la valeur en ligne, car ils désirent attirer les internautes sur leur site Web. Si leur contenu est consulté ailleurs que sur leur site, les statistiques (lucratives) s’en ressentiront assurément.

Pour une marque, par exemple BMW ou encore SONY, l’important c’est que les gens développent un sentiment positif par rapport à leur marque. Il y a quelques années, BMW avait mis en ligne des courts métrages mettant en vedette Clive Owen et réalisés par Guy Ritchie. Cette initiative qui a sûrement coûté plusieurs millions a été très bénéfique pour l’entreprise qui arrive à faire acheter des voitures sportives, ayant une tenue de route et une accélération hallucinante, à des messieurs qui passent 90% des heures qu’ils passent en auto dans le trafic à 5 Km/H. Même si ce contenu - d’une très grande qualité et donc d’un très grand attrait pour les internautes - s’est vite retrouvé sur Youtube, l’entreprise n’y perdait pas au change… au contraire, car un plus grand nombre de personnes allaient pouvoir les visionner.

SONY fait de même ces temps-ci avec ses publicités dans différentes grandes villes américaines. Même si les produits ne sont pas mis en valeur dans la publicité avec les millions de vraies super-balls qui dévalent une rue en pente ou celle où de la mousse est envoyée dans tout un quartier de la ville, l’entreprise arrive a créer un buzz génial autour de sa marque.

Les métriques Web sont importantes, cela est indéniable. Le Web offre une plateforme absolument unique pour le faire. La différence, selon qu’on soit dans un contexte de médias ou de marque, est que ces mesures n’ont pas la même valeur pour les entreprises. Cela entraîne inévitablement un impact sur l’assiduité des responsables du marketing Web à implanter une culture de mesure dans l’entreprise.

Le MP3 du vendredi sur le blog du Hangar?

Guillaume Joly | 4 avril 2008

Du confort de mon bureau à la maison (je suis devenu papa le 24 mars dernier comme vous pouvez le lire ici et ), avec ma petite puce sur un oreiller sur mes genoux que je viens d’endormir, je suis tombé sur un site absolument génial pour les amoureux de la musique comme moi et comme plusieurs à l’agence.

Est-ce légal? C’est une bonne question. La réponse à cette réside dans l’interprétation du fameux 10% de l’oeuvre. Qui a-t-il à interpréter? L’oeuvre en soi. Considère-t-on la chanson ou l’album comme étant l’oeuvre de l’artiste. Le site Muxtape a clairement fait son choix : c’est l’album. Dans ses conditions d’utilisations, les dirigeants du site stipulent qu’on ne peut pas utiliser 2 chansons du même artiste. Cela demeure tout de même léger et c’est pour cette raison que j’ai l’impression que ce site sera probablement fermé d’ici quelques mois. Mais tout de même, c’est une super idée.

Ce site est d’une simplicité désarmante. Un excellent exemple à suivre pour ceux qui seraient intéressés par l’aventure du Web généré par les utilisateurs, ce que certains appellent le Web 2.0. Les dirigeants ont décidé de miser sur des concepts simples, mais extrêmement efficaces.

  • Un processus d’inscription on ne peut plus simple. À peu près tous les freins à la conversion (conversion = inscription d’un membre) sont éliminés augmentant d’autant les chances qu’un internaute décide de s’inscrire.
  • Une architecture d’information claire et très user friendly comme disent les Chinois (et surtout comme le dit René-Homier-Roy à la radio de Radio-Canada).
  • Un nombre de fonctionnalités restreint qui, dans un premier temps, permet à l’équipe - car les sites Web ne vivent pas d’eux-mêmes, il y a très souvent des dizaines de personnes en arrière - d’adresser les problèmes techniques et ergonomiques à mesure qu’ils se présentent. Dans un deuxième temps, ça permet également de mesurer et d’analyser le comportement, les attentes et l’engouement des utilisateurs qui utilisent leur produit. Les investissements en recherche et développement sont donc beaucoup mieux ciblés, augmentant ainsi le retour sur investissement des investisseurs.
  • Une page faisant état des conditions d’utilisation du site qu’on a envie de lire! Dans le domaine de la musique sur Internet, c’est tout à leur honneur.

Je lance donc mon collègue sur cette piste pour, sait-on jamais, faire vivre son fameux MP3 du vendredi sur le blog du Hangar par l’entremise de cette trouvaille.

Bon vendredi à tous le monde!

P.S. C’est ce billet qui m’a fait connaître Muxtape.

La technique du spaghetti

Issam Heddad | 20 février 2008

Jeter des spaghettis* sur un mur et voir lesquels collent.

Faîtes de même avec les posts d’un blog.

Les meilleurs resteront.

* ça marche aussi avec des cornichons au Mc Donald’s, (ils n’en servent plus d’ailleurs après minuit pour cette même raison)