Réponse à Yves Boisvert : Je ne comprends pas
Sabrina Côté | 27 mars 2009Quelle surprise ce matin en ouvrant La Presse ! Une chronique-claque-dans-la-face signée Yves Boisvert. Une question ouverte, « Comprenez-vous ? », lancée au public comme on met le feu à une poubelle pour faire parler le voisinage.
Non, je ne comprends pas. Et j’ai envie de me commettre un peu dans ce débat (note en bas de page : les opinions de Sabrina Côté ne sont pas celles de Revolver 3)…
Évidemment, c’est le travail de Monsieur Boisvert de s’exprimer sans nuances, de choquer les gens….mais encore faudrait-il que ses arguments soient justifiés.
Or j’aimerais connaître les sources de Monsieur Boisvert, qui affirme que le ministère des Affaires municipales a déjà versé 200 000 $ à l’Association des agences de publicité du Québec dans le but de concevoir Montreal.ad. J’aimerais savoir pourquoi Monsieur Boisvert n’a pas communiqué avec nos représentants de l’AAPQ - dont son PDG nommé en début de semaine - pour qu’ils lui parlent du grand projet DERRIÈRE le site Montreal.ad. Ce projet qui vise à « promouvoir Montréal comme un lieu de création unique où les professionnels de la publicité (entre autres) ont l’occasion de développer des relations et de partager des idées avec le reste du monde ». S’il l’avait fait, il aurait constaté que l’industrie ne veut pas « attirer ici des grandes agences à coups de crédits d’impôt ». Il aurait compris que l’industrie souhaite plutôt attirer des talents et des annonceurs internationaux, pour créer de l’emploi, pour faire rayonner Montréal et son potentiel créatif à l’étranger, pour faire des liens entre la publicité et la création. Du moins c’est sous ces termes que le projet nous a été présenté, bien avant le début de la crise financière.
Certes, Montreal.ad n’est pas à la hauteur du grand projet sur lequel il repose, les professionnels de l’industrie ont été les premiers à en critiquer la première phase, mais j’ose croire que le site évoluera, j’ose croire qu’il se transformera en une plateforme de rayonnement de la marque « Montréal ».
Et je nuance…
Y a-t-il de la « boulechite » dans la publicité ? Bien sûr. Est-il valable d’accuser les publicitaires de fumisterie en pleine crise, alors que le pouvoir d’achat des gens diminue, de condamner la publicité qui leur pousse au visage des messages bien enrobés ? Absolument. Mais il y a l’autre manière de faire de la publicité. Il y a la communication, le dialogue, l’écoute des consommateurs citoyens. Il y a l’avenir de la publicité.
Malgré tous les bémols, toutes les fausses notes et tous les maux que l’on associe à ses actions, je me rends compte que je suis attachée à cette industrie. L’industrie des communications marketing, qui apprend, agence après agence, annonceur après annonceur, à mieux communiquer.
J’espère que Monsieur Boisvert ne donnera pas raison aux détracteurs du projet, qui trouvent utopique l’idée qu’une industrie aussi compétitive que la nôtre puisse se serrer les coudes pour atteindre un but commun. J’espère que la claque dans la face fera réagir mes collègues communicateurs qui croient que l’on peut faire les choses autrement. J’espère que les gens comprendront qu’il ne s’agit pas d’une guerre aux subventions entre les écoles et les publicitaires comme semble le laisser entendre Monsieur Boisvert.
Il est plus que temps que nous descendions de notre nuage, que nous acceptions la critique et que nous assumions les responsabilités qui nous incombent en tant que communicateurs, parce que, comme John Dalla Costa l’exprime dans son livre In Trust: Ethics in Advertising, « advertising is too potent a cultural asset to not be part of the solution for humanity and society’s trickiest problems ».
Je comprends que l’avenir de l’industrie repose dans notre volonté d’être à la hauteur de ce que les gens attendent de nous.












